Introduction

Conformément au principe inscrit dans notre Constitution, l'Etat est tenu de gérer les finances publiques de manière économe et efficace. Il doit veiller à équilibrer son budget de fonctionnement et à compenser les déficits à moyen terme. En tant que conseillère d'Etat en charge des finances de notre canton, je suis attachée à une gestion saine et prudente, dans le respect des mécanismes de freins au déficit et à l'endettement fixés dans la loi. Il en va en effet de notre responsabilité vis-à-vis des générations futures.  rffa.jpgDans cette optique, la dette du canton de Genève, la plus élevée de Suisse, doit impérativement être contenue. Dans le même temps, il nous faut continuer d'investir afin de développer les infrastructures nécessaires à notre prospérité et notre qualité de vie. Les prestations à la population doivent elles aussi être préservées. Dans ces conditions, la seule option viable consiste à maitriser les charges sur lesquelles nous disposons d'une marge de manœuvre, à savoir les frais de fonctionnement de l'Etat. Je m'y emploie avec détermination.

Réalisations

Recapitalisation de la Caisse de prévoyance de l'Etat de Genève (CPEG)

Comptant quelque 70'000 assurés dont environ 25'000 retraités, la CPEG souffrait d'une sous-capitalisation chronique. Son taux de couverture était de 58.2 % à la fin 2018, alors que le taux de couverture moyen des caisses publiques suisses est proche de 95%. Ce taux devait impérativement atteindre 60% au début 2020. 

Si aucune de loi de recapitalisation n'était adoptée d'ici à la fin mai 2019, la CPEG avait annoncé qu'elle réduirait les prestations des assurés actifs de 10% dès 2020. D'autres baisses de prestations étaient par ailleurs probables et auraient pu entrainer l'activation de la garantie de l'Etat qui se montait à plus de 9 milliards de francs au 31 décembre 2018. 

Le corps électoral genevois était appelé à se prononcer le 19 mai 2019 en votation référendaire sur deux lois prévoyant chacune une recapitalisation. Les votant-e-s ont finalement préféré au projet du Conseil d'Etat celui de la gauche et du MCG, lequel ne prévoit malheureusement aucune réforme structurelle de la caisse. Bien qu'il s'agisse d'une solution à court terme, le pire a été évité. L'adoption d'une loi de recapitalisation permet à la CPEG de passer d'un taux de couverture proche de 60% ces dernières années à un taux de 75 %. La caisse assure ainsi sa conformité avec les obligations légales à moyen terme. 

En l'absence de réforme structurelle,  comme le proposait le Conseil d'Etat, il est néanmoins à craindre que de nouvelles mesures de recapitalisation ou de baisses des prestations soient nécessaires dans les années à venir. 


Faire face au COVID-19 

Dans le cadre de la pandémie de COVID-19, le Conseil d'Etat a pris un éventail de mesures exceptionnelles pour soutenir les entreprises et la population à travers la crise. Il s'est fixé comme priorité de sauvegarder l'emploi et l'activité économique afin de se prévaloir des conséquences plus graves encore d'une récession majeure. Ces mesures financées par le recours à l'endettement ont un impact considérable sur l'équilibre des finances publiques. 

Au-delà de l'exercice 2021 et des effets de la crise sanitaire, l'objectif de stabilisation de la dette nécessitera de nouvelles mesures structurelles et d'efficience pour modifier notre trajectoire de dépenses de fonctionnement.
 

Budgets & Comptes

Budget 2020 

Le projet de budget 2020 était marqué par les effets attendus de trois projets majeurs adoptés le 19 mai 2019 par le corps électoral genevois : la réforme fiscale et financement de l'AVS (RFFA), le contre-projet à l'IN 170 (initiative populaire cantonale Pour des primes d'assurance maladie plafonnées à 10% du revenu du ménage) et la recapitalisation de la caisse de prévoyance de l'Etat de Genève (CPEG). A eux seuls, ces trois éléments induisaient une hausse des charges de près de 4.5% et une baisse des revenus de 2.2% en 2020. Compte tenu de ces différents éléments, le déficit de fonctionnement prévu dans le projet de budget 2020 était de 589.7 millions de francs. 

Le budget 2020 voté par le Grand Conseil a été amélioré de 5.1 millions de francs par rapport au projet de budget. Cette variation s'explique notamment par les amendements adoptés par le Grand Conseil dont les plus significatifs concernent la suppression de 415.2 ETP prévus au projet de budget 2020, le versement de l'annuité 2020 et l'économie linéaire sur les charges de biens et de services. 

Lien vers les documents du budget 2020


Comptes 2019

Les comptes 2019 de l’Etat ont bouclé sur un excédent de fonctionnement de 188 millions de francs. Celui-ci s'explique principalement par des rentrées fiscales supérieures aux prévisions et une bonne maîtrise des charges de la part du Conseil d'Etat. 

Lien vers les documents des comptes 2019


Budget 2019

Le projet de budget 2019 du Conseil d'Etat prévoyait un déficit de fonctionnement de 89 millions de francs, en nette amélioration par rapport à l'exercice 2018 (-186 millions). Pour atteindre ce résultat, le Conseil d'Etat est parvenu à contenir l'augmentation des charges à 1,8% et celle des postes (ETP) à hauteur de 2%. 

Le budget voté par le Grand Conseil affichait un excédent de 27,8 millions, soit une amélioration de 116,9 millions par rapport au projet de budget. La révision à la hausse des estimations fiscales (+214 millions) a largement amélioré le résultat, toutefois contrebalancé par le choix du parlement de réintroduire le versement de l'annuité et celui d'abandonner d'autres mesures d'économie prévues. 

Lien vers les documents du budget 2019


Comptes 2018

Les comptes 2018 de l’Etat ont bouclé sur un excédent de fonctionnement de plus de 200 millions de francs. Ce résultat, le plus élevé depuis 2010, s'explique principalement par une croissance soutenue des revenus, doublée d'une bonne maîtrise des dépenses de l'Etat. Cet excédent a permis de poursuivre le désendettement du canton (-0.6 milliard), avec une dette ramenée à 11.8 milliards.

Lien vers les documents des comptes 2018

Presse Heidi News 23.06.2020

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