« Geneve fête son lauréat »
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Ce fut un privilège de prononcer quelques mots d’introduction en hommage à M. Hugo Duminil-Copin, pour sa prestigieuse distinction. En tant qu’ambassadeur désormais officiel de l’excellence académique genevoise, je ne suis pas certaine qu’il faille continuer à lui accoler le titre de professeurs « ordinaire » de l’UNIGE. Aux yeux du public, il est devenu un peu l’équivalent du « Roger Federer » de la science.

Former des champions et des championnes de la recherche est devenue une habitude pour l’UNIGE. Cette nouvelle médaille Fields est en effet la 4e récompense de ce type à rejoindre le patrimoine scientifique genevois. La conférence pour laquelle nous sommes toutes et tous réunis est donc une occasion renouvelée de valoriser la qualité de nos institutions académiques et de faire rayonner leurs compétences dans des domaines de pointe.


Les travaux de recherche fondamentale de M. Duminil-Copin permettent de mieux comprendre le comportement de la matière. Ils sont un prérequis indispensable pour une éventuelle application dans le domaine économique. Et offrent, à n’en pas douter, d’encourageantes perspectives d’innovations et de développements industriels.


Les mathématiques participent d’une longue tradition dans le canton de Genève. J’en veux pour preuve, le spectaculaire mapping qui est projeté entre les mois d’octobre et de novembre sur les reliefs du bâtiment où nous nous trouvons en ce moment. Cette prouesse technique et artistique, qui accompagne le colloque Wright qui a lieu tous les deux ans, a pour objectif de démocratiser la science.


Abstraction faite des sons et lumières, on retrouve cette même tradition algébrique au sein de notre région, puisque Mme Maryna Viazovska, professeure à l’EPFL est cette année co-lauréate de la médaille Fields, aux côtés de M. Duminil-Copin. C’est donc une double consécration pour l’Arc lémanique. En tant que ministre également chargée de l’égalité, il s’agit aussi d’une satisfaction complémentaire, en termes de distribution paritaire. C’est aussi une preuve que la bosse des maths n’est pas une caractéristique exclusive, mais peut toucher toute la population.


La science est une discipline d’équipe. Vu l’interdépendance et la complexité du monde qui nous entoure, elle ne peut grandir qu’en se nourrissant d’échanges constants. Ne pas participer pleinement au programme Horizon Europe, par exemple, revient ni plus ni moins à se couper totalement des ponts qui mènent à l’innovation.


Il est donc primordial de maintenir les interactions entre les chercheurs et les chercheuses du monde entier. C’est aussi déterminant que de continuer à former les meilleurs talents ou de les attirer chez nous. Sans quoi, Genève perdra sa faculté à oxygéner sa matière grise. Notre canton s’exposera ainsi à une fuite de nos plus brillants cerveaux, faute de pouvoir maintenir leur motivation et de susciter des vocations afin d’assurer une relève au combien indispensable.


L’Etat a de toute évidence un rôle central à jouer dans ce contexte. Favoriser la mobilité académique permet en effet de renforcer l’attractivité de nos universités. Car l’une des clés qui permettent d’ouvrir les portes du succès, c’est la libre-circulation des idées.