Fonction publique: la peur du changement
Photo : Crédit A.L.
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C’est bien connu, une réforme, lorsqu’elle est nécessaire, souhaitée de longue date et patiemment élaborée en commun, a les meilleures chances de succès. Ceci à condition de ne pas tout remettre en question au moment d’en célébrer les perspectives.

Dernièrement à Genève, la révision de la loi sur le personnel de l’Administration cantonale (LPAC) a été victime de ce phénomène. Subitement, un petit nombre d’individus s’est ravisé, comme pris de vertige à l’idée du changement. Ce sont pourtant ces mêmes personnes qui, à longueur d’année, se plaignent du carcan administratif et appellent à davantage d’agilité.

Prôner le changement sans l’expérimenter est une manière d’éviter de se remettre en question. L’objectif de la révision de la LPAC, faut-il le rappeler, est moins de changer la loi que de répondre à la loi des changements. Celle qui impose à tout employeur responsable de s’adapter aux mutations profondes auxquelles le monde du travail est confronté, en se donnant les moyens d’une gestion efficace et contemporaine des ressources humaines. Car nous le savons, la principale richesse de toute organisation, et l’État ne fait pas exception, c’est son capital humain.

Personne n’a envie de faire les frais d’une administration dépassée et réduite à l’inaction.

La révision de la loi sur le personnel s’inscrit plus largement dans la refonte de la politique RH voulue par le Conseil d’État. En adoptant sa stratégie Travailler autrement, il entend offrir un cadre de travail propice à l’accomplissement des missions et à la délivrance des prestations, promouvoir l’égalité entre femmes et hommes et la diversité, permettre à l’administration de s’adapter aux évolutions de la société et attirer et fidéliser des collaborateurs et collaboratrices de qualité. Il s’agit d’un réel changement de paradigme et pour être en cohérence avec cette stratégie, le cadre légal que constitue la LPAC se doit également d’être adapté.

La nouvelle LPAC n’a évidemment pas pour objectif de chercher le changement pour le changement. Ni, comme on l’entend, de permettre de licencier plus facilement. Elle exprime les caractéristiques d’une administration efficiente, que sont la clarté des procédures et l’amélioration des prestations. Et ceci, sans retirer leurs droits aux quelque 40’000 collaboratrices et collaborateurs de l’Administration cantonale, du pouvoir judiciaire et de certains établissements publics comme les Hôpitaux universitaires de Genève (HUG).

Personne n’a envie de faire les frais d’une administration dépassée et réduite à l’inaction. Or, c’est exactement le résultat que l’on obtient avec la peur panique du changement. La réticence à évoluer offre par ailleurs une piètre image du secteur public, notamment en termes de crédibilité et d’affectation optimale des ressources.

Le chemin de la peur conduit à l’immobilisme. Et l’immobilisme mène à la paralysie, soit l’exact contraire de ce qui est attendu d’une fonction publique. Je m’y refuse, le Conseil d’État également, tout comme l’immense majorité de la population et des membres de l’Administration cantonale. C’est ensemble que l’avenir se prépare. Faisons-en sorte de préserver la confiance pour avancer.