Et si on prenait plutôt l’initiative de dire merci?
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C’est bien connu, en période de crise, il fait bon se rallier contre un ennemi commun. Celui de la gauche genevoise est tout désigné, il n’est autre que les «gros actionnaires» ou les «grosses fortunes». En bref, les riches. Alors que Genève est le canton qui impose le plus lourdement les hauts revenus et la fortune, deux initiatives successives proposent d’en rajouter une couche, au risque de scier la branche de notre prospérité collective. C’est regrettable, mais on ne s’y prendrait sans doute pas autrement si l’on voulait précipiter le départ du nombre restreint de contribuables qui assurent la majeure partie des revenus de l’État.
Il y a d’abord le fond de ces deux initiatives qui pose question.

La plus récente vise à augmenter de 50% l’impôt sur la fortune pour les fortunes de plus de 3 millions de francs, ceci pour une période de dix ans. Faut-il rappeler que Genève détient déjà la palme de l’impôt sur la fortune le plus élevé de Suisse, impôt qui par ailleurs n’existe pas dans la plupart des autres pays? Souvenons-nous également que seuls 3% des contribuables assument plus de 80% de l’impôt sur la fortune dans notre canton.

Une autre initiative déposée l’été dernier demande, quant à elle, que Genève devienne le seul canton à ne pas atténuer la double imposition économique qui s’applique sur le bénéfice d’une entreprise, puis sur le revenu de ses actionnaires. La remise en cause de ce principe, qui procède d’un certain bon sens, porterait un sérieux coup à l’activité entrepreneuriale dans notre canton. C’est notamment pour cette raison que le Conseil d’État recommande au Grand Conseil de refuser cette initiative sans lui opposer de contre-projet.

Au-delà de ces écueils flagrants, il y a un élément plus préoccupant encore, c’est le message que ces initiatives envoient aux principaux contribuables de notre canton. Soit à celles et ceux qui représentent moins de 5% de la population, mais qui paient la moitié de l’impôt cantonal sur le revenu, à savoir près de 1,5 milliard de francs. Et aux 0,2% parmi eux qui s’acquittent d’environ 500 millions de francs d’impôt sur le revenu, ce qui correspond quasiment à la subvention annuelle de fonctionnement des HUG!

Pendant ce temps, plus d’un tiers des contribuables de notre canton ne paie pas d’impôt, si ce n’est la taxe personnelle de 25 francs. La démonstration est ainsi faite que notre pyramide fiscale est extrêmement fragile et que toute tentative de ponctionner davantage sa pointe relève du sabotage.

Faut-il également rappeler qu’outre leur contribution fiscale significative, ces «riches» créent de l’emploi, font marcher l’économie locale et se montrent souvent très généreux par leur soutien à de nombreux projets dans notre canton? Dans ces conditions, force est de constater qu’ils mériteraient d’être vivement remerciés plutôt que montrés du doigt.

À travers ces initiatives, la gauche instaure un climat de défiance qui porte préjudice à la cohésion et à la prospérité de notre canton. Elle s’attaque en outre à un facteur essentiel pour ces contribuables qui ne sont pas captifs – tant s’en faut! –, à savoir la stabilité et la prévisibilité. C’est heureusement à la population que reviendra le fin mot, d’où la nécessité de souligner les vrais enjeux de ce mauvais combat.

Eviter les taxations d'office en sensibilisant les jeunes à l'impôt

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"Il s'agit de faire entrer les jeunes du bon pied dans leur vie de citoyenne et de citoyen. Le décrochage administratif peut mener à des situations extrêmement difficiles telles que l'endettement et la non-accessibilité à des aides étatiques comme les bourses d'études, par exemple. Le fait de ne pas retourner sa déclaration d'impôt en est une première manifestation."